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pieterke

Gueules de bois

Alcool 1.1 – Lawrence

11 avril 2021

Le premier épisode sera diffusé le 19 avril à 19h sur Radio Panik 105.4 et sera ensuite disponible en podcast sur le site de radio Panik ou ici à partir du 20 avril.

Nous démarrons cette émission avec l’addiction à l’alcool 1.0. Et pour ce premier épisode, je discute avec Lawrence. Lawrence à 50 ans depuis peu, il est le père d’une jeune femme et est célibataire, il ne travaille plus depuis deux ans. Nous parlons de l’alcool, de son enfance, de sa fille, des psys, des compagnes et de cet énervement qui parfois l’assaille et dont il ne sait quoi faire.

Les photos poèmes

J’ai du désir qui déborde

2 avril 2021

J’ai du désir plein les poches.
Comme des cailloux qui débordent et qui tombent ci et là.
Petit Poucet des lamentations, au pied d’un mur trop haut pour être entendu. 

J’ai du désir qui déborde.
Comme une petite fille qui balance son vœu.
Dans le supermarché.
Néons des ascenseurs.
Gâtée d’envies. Gâtée d’attentes.
Intention détruite. Nécessité latente. 

J’ai du désir qui déborde.
Comme l’eau qui chauffe.
Qui bout.
Et les bulles de colère. Et les bulles d’amour.
Qui se partagent l’espace puis éclatent.
Le temps d’une étincelle qui ne devait pas durer et qui pourtant reste. 

J’ai du désir qui déborde.
La braise du foyer qui vient se loger dans ton pli.
Sous ton coude.
Et qui brûle. Et qui crie.
Qui brûle d’envie. 

Je crie. Je hurle. Mon désir. 

Toi prends-le.
Entends-le.
Caresse-le.
Et rends-le moi.
Plus doux. Plus calme.
Moins purulent. Moins vital. 

J’ai du désir qui déborde.
Pour toi. Pour moi. Pour nous.
Pour cette terre.
Cette terre qui s’asphyxie.
L’air dans nos poumons qui s’amenuise et que je rends.
Que je rends. 

Je te souffle.
Je te souffle ma vie.
Dans la bouche.
Bouche à bouche des amants.
Je te souffle ce qu’il me reste de force.
Je te rends.
Tout ce que tu m’as donné.
Je te le rends.

Libération des manques. Libération volatile.

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Cystite des continents

21 mars 2021

Cystite des continents.
J’ai la vessie qui brûle.

Dévore la colère.
Grille le regret.
Avale le manque.
Crame la tristesse.

Urètre en feu.
Et la concentration des nuits trop arrosées pour être convenables.
Urètre en feu.
Et les limites des frontières trop floues pour être transgressées.

Puis tu dépasses.
Outrepasses.
Franchis.
Empiètes.

Et mon organe s’enflamme.

À l’intérieur.
Rougeur incandescente.
Et rien pour l’éteindre.
Rien pour la stopper.

Quelle est donc cette douleur que tu ne peux exprimer.
Quand on te prend sans te demander.
Quelle est cette injustice.
Incendie des bas fonds.

Embrasement des bassesses.

J’ai mal à ma chair.
Quand je pense sérénité.
Quand je crois m’en approcher.
Puis qui s’efface. Se consume.

Mirage aspiré.

*Premier micro ouvert en présentiel à la librairie maelstrom
*photo de Jérémie Tholomé

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rébellion fière

8 mars 2021

femme boîteuse. 
femme trouée. 
bafouée, abîmée. 
dans le sang. 

particules de désir en danger. 
quand tu danses la poussière. 
que le sol devient familier. 
trop souvent. 

baisse les yeux. 
regarde pas. 
compte les bleus. 
ferme-la. 

victime dans tes rêves. 
observe la relève. 
qui approche. 
qui approche. 

chante les droits. 
danse la poussière.
cours le silence.
rébellion fière.

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Quand mes yeux sont posés sur toi

7 mars 2021

Dans tes cheveux. L’origine du monde. Mon nez contre ta peau. Dans ta nuque. C’est là que tout a commencé. L’épiderme en feu. Passion des ascenseurs. Émotions transversales. Peur panique enclenchée. Sac sur le dos. Prête à décamper. Quand mes yeux sont posés sur toi. Ton grain de beauté. Là sur ta nuque. Ce moment trouble. Je retourne. Dans tes cheveux. Aux origines. Je touche l’intimité cachée. Je frôle l’amour indéfectible. N’a d’indéfectible que l’indéfectibilité. Je mords. Je grogne. Je lèche. Je tremble. Je serre. Je prends. Je courbe. Je tends. Je ne suis plus que ce que tu veux que je sois. Mon corps ne m’appartient plus. Je te le laisse. Homme des cavernes. Je te le laisse. Fais en ce que tu veux. Plie-le, maintiens-le, caresse-le, mange-le, porte-le. Fais le s’en tien. Et quitte moi. Pars tant qu’il est temps. Voyage ce corps qui attend. Qui attend qu’on l’aime. Fais le croire. Que cette nuit est la sienne. Que toutes les nuits lui appartiennent. Jusqu’à ce que tu partes. Jusqu’à ce qu’un autre corps s’offre à toi. Jusqu’à ce qu’un autre corps s’offre à moi. Car. Entre ton départ et le mien. Il n’y a plus que tentatives de sauvetage pour personnes en détresse. Et plus jamais nos corps pour enlacer. Et plus jamais nos corps pour aimer.

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Émoi moi

14 février 2021

Puis la lumière.
La lumière des jours prochains.
Qui approche, qui approche.
Lueur du futur.
Rayon de joie.
Rayon qui transperce. Perfore. Transgresse.
En plein cœur.
Amour soleil.
Amour éclat.
Demain ne sera pas aujourd’hui.
Et te voici criblée de couleurs.
Pour un avenir heureux qui est déjà là.
Timidité des premières fois.
Alors savoure et goûte.
Délecte-toi.
De ce plus tard qui approche.
Qui est déjà là.
Jouis de sa visite.
Embrasse-le. Enlace-le.
Intériorise.
Émoi soi. Émoi moi.

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Obsession

10 février 2021

Obsession de toi. Obsession de tes yeux de tes mains de tes cheveux. Obsession de toi. Obsession de moi. Quand tu me caresses. Tes yeux. Quand tu me regardes. Obsession de toi. Obsession de moi. Et quand tu me prends, je te regarde. Oui je te regarde. Et je t’aime à l’infini. Pour toujours. Je me donne à toi sincèrement. Totalement. Je suis à toi. Obsession. Obsession de toi. J’ai envie de toi. Je te veux toi. Encore. Que je t’appelle. Que tu m’appelles. Dans tes bras. Ton sourire. Tes gestes. Nos ébats. 
Puis. Le lendemain. Plus rien. Tout s’est éteint. Et je ne suis plus. Dans tes yeux. Je ne suis plus. J’ai disparu. Pourtant j’étais bien là la veille. Et je t’aimais. Et je t’aimais encore. Je ne te connais pas pourtant. Mais à ce moment-là. J’étais à toi toute entière. Et ce matin et bien. Ce matin. Je ne suis plus rien. Je n’existe plus. Je tombe lentement. Suspendue dans le vide en attente de mon devenir. Tout dépend de toi. De moi. Non de toi. Tout dépend de toi. Soit je meurs. Soit je meurs. Dans les deux cas je ne suis plus. Car je sais que si tu me choisis, je tombe aussi. Dépendance de tes yeux. Dépendance de ton estime. Dépendance de tes mots. De tes caresses, de ta poitrine. Dépendance des fin fonds. Où plus rien n’a d’importance. Où plus rien n’a d’existence. Que ta voix, que tes mots, que tes mains. Alors demain je ne suis plus. Que l’attente de ton souffle. Et mes cellules en suspension.
Photo : M. Allal

Les photos poèmes

À ta joie

9 janvier 2021

À toi la femme. 
La femme jurons au regard qui pique. Femme douceur. Femme terreur. Et le bercement de tes mains qui applaudissent. La femme tigre à la doublure identique, fidèle à ses combats, fidèle à ce qu’elle croit. La coureuse d’injustices et le majeur qui brandit. Fuck les conventions. Fuck les à priori. Femme hurleuse. Femme murmure. Femme qui rit. À tes pleurs qui disent tout. À tes doutes qui se noient. À ta rage qui te coûte. À ta joie. À ta joie. 
À toi maman.

Les photos poèmes

Sous les pavés

24 décembre 2020

Ce vide devant toi.
Celui dans lequel tu sautes chaque jour.
Et qui te ramène au lendemain.
Le cœur ouvert.
Les yeux éteints.
Et les trains qui passent dans un nuage sonore qui te berce.
Qui te berce.
Ce manque que tu tiens.
Dans tes mains saturées.
C’est comme une plénitude.
Une plénitude du rien.
Comme ton reflet sans mouvements.
Et qui te regarde rester.
Dans la douceur.
Sous les pavés.

Le livre Presse

Le Soir

26 novembre 2020

Trois auteurs et deux autrices forment le quinté du Prix Rossel

Trois livres édités en Belgique parmi les cinq œuvres nominées au Prix Rossel de littérature. Cette première confirme que nos éditeurs ont du nez quand il s’agit de humer les talents.

Mardi soir, la rue Royale dormait, éteinte par une pandémie tenace. Personne n’avait imaginé ce scénario noir pour l’édition 2020 du Prix Rossel. Par mesure de précaution sanitaire, le jury ne pouvait pas se réunir : une première depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais là où le regard ne portait pas, aux domiciles des jurés confinés, Zoom a permis aux grands esprits de se rencontrer par écrans interposés.

« On ne va pas pouvoir casser la gueule à nos contradicteurs », ricanait Jean-Luc Outers, toujours prompt à en découdre dans la joie et la jubilation. « Je me sens comme un homme invisible, j’ai l’impression d’être aveugle », s’inquiétait Michel Lambert, aux yeux de qui l’invraisemblable touchait soudain au vraisemblable. Il montrera au fil des quatre heures de débats qu’il n’avait rien perdu de son esprit critique en route. Client farouche des nouvelles technologies, le président, Pierre Mertens, s’est finalement réjoui de « la fraternité » de ces retrouvailles virtuelles.

Pour Hedwige Jeanmart et Caroline De Mulder, les deux nouvelles recrues du jury, le baptême du feu s’annonçait déroutant. « J’aime énormément partager autour d’une table et j’avais prévu d’apporter du saucisson catalan », confessera Hedwige Jeanmart, depuis son appartement de Barcelone. « Mais la soirée a été super motivante et très enthousiasmante. » « J’ai hésité à accepter de participer », précisera Caroline De Mulder. « J’aurais tellement aimé discuter autour d’une table moi aussi. C’est très frustrant pour une première. Je n’ai cependant aucun regret. J’ai fait d’agréable découvertes. Il y a énormément de livres qui forcent l’envie d’être lus jusqu’au bout dans cette sélection du Rossel 2020. »

A défaut de pouvoir partager le couvert et le verre, le jury s’est entendu pour souligner la qualité « époustouflante » de ce cru 2020. Au terme d’un premier tour de table marqué au fer des joutes musclées sur la justesse de la pensée, la maîtrise du style, la capacité à surprendre, 21 titres ont émergé. Un second round a permis de resserrer les choix autour de 11 romans magnifiques de talent. Il en faudra un troisième pour cerner les éblouissements.

En dépit de leur profondeur et de leur écriture singulière, Consoler Schubert de Sandrine Willems, La carte des regrets de Nathalie Skowronek, On ne coupe pas des ailes aux anges de Claude Donnay, Venus Poetica de Lisette Lombé, Le pub d’Enfield Road de Rossano Rossi et Ça va n’aller de Mol Pieterke ne feront pas partie du quinté des nominés à découvrir ci-contre. Par ailleurs, le jury a souligné sa fierté de voir que trois des cinq livres nominés sont édités en Belgique : La Confiture de morts chez Weyrich, Judas côté jardin et Cent jours sans Lily chez Onlit.

Article par Daniel Couvreur disponible dans Le Soir du 26 novembre 2020.
Article numérique disponible ici.