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Les photos poèmes

Coquillage

16 mai 2021

Coquillage. Petit coquillage. En floraison. Douce éclosion. Justesse des carapaces. Tu arbores. Tu arbores. Ton coquillage caché. 

Sur la table froide. D’un froid frigo. 

J’ai le sexe ouvert. Le sexe éther. Coquille décortiquée. Épluchée. Nettoyée. Ce sexe ouvert. Aux mains étrangères. Il paraît qu’avant la mort, le crime et l’éthanol. J’avais le sexe découvert. Déjà. 

Sur le trottoir froid. D’un froid bitume. 

La culotte baissée. Mini-jupe redressée. Chemise déboutonnée. Une intuition se balade. Éphémère pensée. Vole dessus le corps. Frôle les écailles. Murmure les écorchures. Viol du dedans. Implosion du devant.

Sur la peau froide. D’un froid dépouille.

Je me relève petite fille. Quand mes cheveux étaient très blonds, presque blancs. Que les passants me saluaient. Attention câline pour intention confuse. Le danger léger. Des dangers partout. Sous ma robe, mon coquillage. Et les doigts du bon sens pour me laver des impuretés. Encore.

Sous le regard froid. D’un froid clinique.

D’un geste tu me transperces. Aiguille apostrophe. Et me revoilà. Sur la table. Le brancard froid. D’un froid funeste. Où jamais tu ne sauras quand tout cela a commencé. Où jamais tu ne sauras quand cela aurait dû cesser. Où jamais tu ne sauras qui il aurait fallu arrêter.

Sous leur désir froid. D’un froid posthume.

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