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Le livre Presse

Axelle magazine

2 novembre 2020

Se lancer dans l’écriture d’un récit autobiographique: un acte de foi en soi- même, celui qu’a posé Pieterke mol, jeune autrice bruxelloise, avant d’assurer la publication de son texte par financement participatif.

Titre de ce premier roman, Ça va n’aller. Un titre instable, le petit «n’» de la négation venant perturber la déclaration d’intention, ça va aller/ça n’ira pas, mais on avance de toute façon. et rien d’autre à faire dans le quotidien d’une famille d’alcooliques, père, beau-père, mère, chacun·e à son tempo, chacun·e à sa façon.

Un récit autobiographique sur l’assuétude, les pertes, qui n’amenuisent pas l’amour. au centre, celui d’une mère pour sa fille, d’une fille pour sa mère, même quand les rôles s’inversent. Alcoolisme par transmission pourrait-on dire, traversée de culpabilité, de sentiment d’insuffisance…, vivre avec ce vide intérieur à remplir d’autre chose que de bibine. Comment se construire quand les parents, la famille défaillent, vin et sang mêlés comme sur la photo de couverture illustrant la première scène du livre.

Hachée, âpre, dure, envoûtante aussi, et poétique souvent, l’écriture – question de survie, confie Pieterke mol sur son site – n’est pas que thérapeutique. L’écriture partage, touche à l’intime et reste pudique, mais ce n’est pas uniquement là que réside son intérêt: le texte possède une réelle puissance littéraire, moments en apnée, le lecteur, la lectrice happé·es dans le monde de ce « je » tiraillé, auquel l’autrice essaie de donner sens pour s’approprier ce qui a été subi, le transformer et se montrer, elle, qui s’est toujours laissé absorber par les autres. (V.L.)

Chronique par Véronique Laurent disponible dans le Axelle magazine du mois de novembre 2020.
Pour le commander, rendez-vous ici.

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